Initiative citoyenne Cool Roof Grenoble

Depuis longtemps, la couleur blanche est utilisée, en Grèce par exemple, comme revêtement sur les bâtiments. Cette couleur a la faculté de renvoyer les rayons du Soleil et par conséquent évite l’absorption d’une trop grande quantité de chaleur. On a tous fait l’expérience du t-shirt blanc en été, avec lequel on a beaucoup moins chaud que le t-shirt noir… Ainsi, un toit blanc permettrait de tenir le bâtiment « au frais » : le toit reste à température ambiante, et ne transmet pas de chaleur vers l’intérieur du bâtiment.

santorini-1776228_960_720
Source

Cette idée est née d’une volonté citoyenne d’implanter le concept à Grenoble, de manière participative, pour réduire les effets du réchauffement climatique et augmenter la résilience urbaine. Cette technique permettrait de réduire les îlots de chaleur en ville, un vrai fléau en été pour la ville de Grenoble. Ce projet a été proposé au budget participatif de la ville en 2018, et a remporté la troisième place avec 1984 votes. Il sera réalisé en 2019 ou 2020 avec un budget de 115.000 euros, sur des bâtiments publics de la ville. Au-delà de cette première implantation, l’objectif est de démocratiser cette idée en France et en Europe. Elle a déjà fait ses preuves dans le monde. Ce sera une première dans la métropole grenobloise.

Une approche sociale, économique, et environnementale.

Le fait de peindre le toit d’un bâtiment avec une peinture réflective dite « Cool Roof » est une technique qui a déjà largement fait ses preuves aux États-Unis, ainsi que dans d’autres pays. A New York, par exemple, elle s’inscrit dans une démarche collective et sociale à travers des actions citoyennes subventionnées par la Mairie.

Le GIEC (Groupe d’Experts Intergouvernemental pour le Climat) affirme que « peindre les toits en blanc permettrait d’économiser 1Gt/an d’émissions de Gaz à Effet de Serre, soit l’équivalent de 250 millions de véhicules », et que c’est l’une des solutions les plus rapides et moins coûteuses d’adaptation et d’atténuation au changement climatique (la source est un article scientifique disponible ici).

 Utiliser une peinture réflective et écologique dite « Cool Roof » présente de nombreux avantages, à la fois en été et en hiver :

  1. En été, les rayons solaires sont renvoyés dans l’espace, diminuant drastiquement la température à la surface du toit, et donc la transmission de chaleur dans le bâtiment. On bénéficie ainsi d’une diminution du recours à la climatisation.

  2. En hiver, la peinture aide à préserver le revêtement initial de l’humidité, ce qui diminue la déperdition énergétique.

  3. La qualité de l’air est améliorée dans le bâtiment. La diminution du recours à la climatisation diminue, entre autres, la quantité de particules fines émises.

  4. Lorsqu’il y a des panneaux photovoltaïques sur le toit, la durée de vie de ceux-ci augmente ainsi que leur rentabilité. Ceci est dû au fait que la luminosité ambiante est plus importante avec une surface blanche.

  5. La peinture permet de boucher les microfissures, augmentant l’imperméabilité du toit ainsi que sa durabilité.

  6. Cette technique est peu onéreuse par rapport à la pose d’un toit végétalisé, que ce soit concernant la mise en place ou l’entretien.

  7. Dans le cas où elle serait appliquée sur plusieurs bâtiments d’un même quartier, elle diminuerait l’effet d’îlot de chaleur urbain, permettant d’abaisser la température jusqu’à plusieurs degrés.

L’impact social peut être important si cette solution est utilisée sur des bâtiments où sont présentes des populations vulnérables (hôpitaux, écoles, EHPAD, crèches, par exemple), tant au niveau des températures intérieures, plus agréables, que de la qualité de l’air. (voir cet exemple , -6°C dans une salle de classe de l’école Louis Blanc à Paris !).

5258813444_548bd0925b_o
Source

L’impact économique est important également, comme nous le montrent les résultats de travaux déjà réalisés (voir cet exemple : 20 000 euros d’économies d’énergie par an, taux de rendement de 28% !).

 

L’impact environnemental est majeur : autant concernant les enjeux climatiques actuels que les réglementations existantes et à venir liées à la transition énergétique.

Récemment, cette solution a été testée en France sur le toit de bâtiments industriels et publics, apportant des résultats rapides et significatifs, comme à Paris avec une école et un gymnase ou à Quimper avec un centre commercial.

Ainsi, nous souhaitons que la ville de Grenoble soit pionnière dans la région concernant cette initiative sociale, économique et environnementale. En constituant un collectif de citoyens qui s’approprierait la solution, nous pourrions communiquer autour de cette idée et la démocratiser. Elle serait une pierre de plus à l’édifice de la transition sociale et écologique à laquelle nous devons faire face.

+ D’infos sur Facebook

 

Publicités